Appel à communications

DRAFF

5–6 août 2016

Trinity College Dublin

 Intervenants principaux :
Mark Nixon (University of Reading)

Dirk Van Hulle (Universiteit Antwerpen)

 ***

Date limite des propositions : le 15 décembre 2015

***

‘Je ne crois pas qu’il y ait beaucoup de gens qui sachent ce que sont les « Drêches » [Draff], mais s’ils cherchent le terme dans le dictionnaire, ils seront rebutés.’

Charles Prentice à Samuel Beckett (le 25 septembre 1933)

 

Comme le titre original de More Pricks Than Kicks (1934) le suggère, et comme le prouvent les pochades, roughs, foirades et ouvrages (non)abandonnés de son œuvre mature – textes que leur auteur lui-même avait l’habitude de présenter comme de simples déchets issus de son processus créatif –, Beckett ne se laissait pas rebuter par les drêches. On peut certainement dire la même chose de tous ceux qui se consacrent à l’étude de cet écrivain qui a su par son art faire valoir ce qui semblait sans valeur.

Au cours de ces dernières décennies, pourtant, l’intérêt que les beckettiens montrent pour le résiduel est devenu de plus en plus littéral au fur et à mesure qu’un accès croissant aux résidus, restes et déchets d’une vaste archive, qui comprend les pages noircies de journaux intimes oubliés et d’une importante correspondance, contribue à refaçonner à la fois les études beckettiennes en tant que telles et l’image qu’ont les beckettiens de l’auteur lui-même et de son art. Mais malgré, ou à cause de, cette masse de nouveaux effluves, certains aspects de l’œuvre beckettien restent mal connus, voire peu étudiés.

Presque deux décennies après que la parution de Damned to Fame (1996) a permis aux beckettiens de se rendre compte de tout ce qu’il leur restait à découvrir, ce colloque bilingue, qui se tiendra l’année prochaine à Trinity College Dublin, sollicite des propositions de communication (20 minutes), en anglais ou en français, portant sur les « restes » oubliés d’un auteur et d’un œuvre que l’on pourrait croire bien connus :

  • Pourquoi, par exemple, persiste-t-on à négliger l’œuvre poétique de Beckett ?
  • On a longuement discuté des héritages joycien et proustien chez Beckett, mais quelle aurait été sur Beckett l’influence d’autres auteurs à qui il s’intéressait (Burton, Camus, Dostoïevski, Hölderlin…) ?
  • Existe-t-il des rapports entre l’écriture beckettienne et ces espaces culturels et politiques où il vivait et travaillait mais qui n’ont pas jusqu’ici fait l’objet d’une attention particulière de la part des beckettiens, telle la France de la guerre d’Algérie ?
  • Étant aujourd’hui pleinement conscients du rôle majeur que jouent les arts visuels dans l’art de Beckett, posons-nous la question de savoir ce que ce même art doit à l’oreille musicale que Beckett avait, ainsi qu’à sa prédilection pour certains compositeurs (les points d’orgue de Beethoven, les Lieder de Schubert…).
  • Alors que ne cesse de croître l’intérêt que suscite le Beckett bilingue, quel rôle les autres langues de cet écrivain polyglotte (l’allemand, le latin, l’espagnol…) auraient-elles pu jouer dans son art ? Et, à mesure que s’affine la compréhension que nous avons de Beckett traducteur, n’aurions-nous pas intérêt à nous interroger sur le travail de ces traducteurs – et de ces acteurs, d’ailleurs – qui font entendre les mots de Beckett dans des langues que l’auteur lui-même ne parlait pas (le chinois, le néerlandais, le polonais…) ?
  • La date de parution des German Diaries et celle du dernier volume de la correspondance de Beckett approchant, à quelles fins les ressources inestimables de l’archive biographique peuvent-elles et devraient-elles nous servir ?
  • Comment la publication de textes de nature (auto)biographique, tels ceux qui viennent d’être mentionnés, peut-elle modifier l’idée que nous avons des canons beckettiens – à savoir, le publié, le « gris » et l’émergeant ? Et qu’en est-il des ouvrages que Beckett a jetés dans la corbeille, voire de la « vielle merde » qu’il s’est décidé à laisser rééditer ?

Les propositions de communication de 300 mots maximum, rédigées en anglais ou en français, accompagnées d’une biographie d’un maximum de 150 mots, doivent parvenir avant le 15 décembre 2015 à l’adresse suivante : draff2016@gmail.com.

Tout en invitant des communications qui s’adressent aux pistes de réflexion esquissées ci-dessus, les organisateurs tiennent à préciser qu’ils accueilleront toute proposition de communication qui, portant sur un aspect jusqu’ici négligé des « déchets littéraires » beckettiens, peut contribuer au but de ce colloque, c’est-à-dire d’exhumer les disjecta membra des études beckettiennes et de l’œuvre beckettien afin de mieux les examiner au « jour pestifère » du discours académique.

Advertisements

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Change )

Connecting to %s